Un environnement visuel plus rassurant

L’idée, réfléchie depuis 2020, n’avait encore jamais été déployée à une telle échelle. Trois mois après sa mise en place, le constat est unanime : le changement de tenue apaise, rassure et améliore la relation d’accompagnement.

« On ne voulait plus que la blouse fasse peur ou rappelle une hospitalisation. Pour des personnes souffrant de 

troubles cognitifs, l’environnement visuel compte énormément. Une tenue plus proche de ce qu’elles ont toujours connue peut véritablement apaiser », explique Muriel Mouton, directrice de la résidence.

Des relations humaines renforcées

Pour accompagner cette évolution, chaque professionnel des deux unités protégées dédiées aux troubles Alzheimer a bénéficié d’un budget pour constituer trois tenues complètes, en toute liberté de choix.

L’impact s’est fait ressentir dès les premières semaines. Isabelle, maîtresse de maison depuis 21 ans, témoigne :

« Les résidents nous regardent autrement. On voit que ça change la relation. Les moments sensibles, comme le lever ou les repas, se déroulent avec plus de douceur. Nous sommes moins perçus comme des intervenants, davantage comme des personnes qui accompagnent. »

Les tenues civiles deviennent même des points de repère ou de conversation pour certains résidents, favorisant des interactions spontanées et renforçant la confiance.

Les familles, elles aussi, soulignent une ambiance plus chaleureuse. Plusieurs proches évoquent l’impression d’entrer dans une maison de famille, où la vie quotidienne prime sur les codes hospitaliers.

Un cadre professionnel toujours exigeant

Si la blouse disparaît, les exigences de sécurité et d’hygiène, elles, demeurent strictes.
La direction veille à ce que les vêtements restent adaptés, pratiques et sobres, et les soignants continuent de porter un badge nominatif. Les chaussures de sécurité restent obligatoires.

« L’absence de blouse ne veut pas dire absence de règles », rappelle la directrice.

Fort des retours positifs et de l’amélioration du bien-être observée, l’établissement a décidé de pérenniser ce mode de fonctionnement dans les deux unités Alzheimer.

« Cette démarche rappelle que l’Ehpad est avant tout un lieu de vie et une maison. Et parfois, un simple changement de tenue peut transformer les regards », conclut Muriel Mouton.